Lutter contre la "décommercialisation" de la France [Rapport Sénat]
Le commerce de détail, en plus des crises successives traversées ces dernières années, est soumis à des transformations très profondes (développement du e-commerce, de la seconde main, changements démographiques, nouvelles attentes de consommation), qui ont bousculé le paysage commercial.
La vacance commerciale, après avoir touché les territoires ruraux et les petites villes, s'étend désormais aux villes moyennes et aux métropoles. Elle s'élève en moyenne à 11,6 % en 2025 ; bien plus importante dans les centres commerciaux (16,8 %), elle progresse dans les zones périphériques (8,4 %, +1,5 % par rapport à 2022), tandis qu'elle est proche de la moyenne nationale en pied d'immeuble dans les centres-villes. 62 % des communes ne comptent plus aucun commerce en 2025 (contre 25 % en 1981).
Les secteurs de l'habillement, du textile et de la chaussure sont les plus touchés par la crise. En 20 ans, le e-commerce est devenu un canal de consommation incontournable, et "constitue une composante parmi d'autres du commerce global", le click and collect étant une bonne illustration de cette mixité des usages numériques et physiques.
Le rapport identifie les plateformes chinoises de e-commerce comme accélératrices de la décommercialisation, leurs pratiques représentant une concurrence déloyale pour les commerçants français. En réponse à la stagnation du pouvoir d'achat, les Français ont également davantage recours à la seconde main, au reconditionné et au discount.
- "Renforcer la lutte contre la concurrence déloyale des plateformes extra-européennes qui nuit gravement aux commerçants français"
- "Mobiliser la fiscalité pour soutenir les commerçants et rééquilibrer les relations entre locataires et propriétaires des locaux commerciaux"
- "Agir au niveau local pour redynamiser les centres-villes et les centres-bourgs et favoriser la prospérité des commerces"
- "Accompagner les commerçants pour les aider à s'approprier les innovations technologiques et à s'adapter aux mutations profondes de la consommation des Français".