Au 2T2026, la situation de trésorerie des TPE-PME en baisse [Baromètre Bpifrance Le Lab - Rexecode]

mardi 26 mai 2026
Bpifrance Le Lab et Rexecode ont présenté la nouvelle édition de leur baromètre trimestriel sur la trésorerie, l'investissement et la croissance des TPE-PME, basé sur les réponses d'un panel de 4 073 dirigeants de TPE/PME entre le 13 et le 26 avril 2026.

Sur les 3 derniers mois, la situation de trésorerie des PME/TPE est en baisse par rapport au trimestre précédent, pour atteindre son plus bas niveau depuis 2018 (hors crise sanitaire) : 37 % des dirigeants font part d'une dégradation de leur trésorerie (+2 points) ; seuls 9 % constatent une amélioration (-1 point sur le trimestre). 34 % des TPE / PME jugent leur situation de trésorerie actuelle difficile. Les prévisions pour les 3 prochains mois "se redressent quelque peu".
Concernant les délais de paiement, il y a peu d'évolution par rapport au 1er trimestre. Le "solde commercial" subi par les entreprises est donc stable.

61 % des PME ont eu recours aux organismes de crédit pour financer leur exploitation courante (-2 points). Parmi elles, 20 % des entreprises ont rencontré des difficultés d'accès au financement (stable sur le trimestre).

Les projets d'investissement, après un rebond au trimestre précédent, se stabilisent au 2e trimestre 2026 : 46 % des dirigeants prévoient d'investir en 2026 (+1 %). Les prévisions concernant les montants investis sont en recul sur le trimestre, 39 % des dirigeants comptant diminuer le budget dédié (+5 points) contre 18 % qui prévoient de l'augmenter (stable). Les principales dépenses d'investissement concernent à nouveau le renouvellement et/ou la modernisation des équipements et installations, tandis que l'extension des capacités de production recule à nouveau (25 %, -4 points). La part des investissements pour motif environnemental reste stable : 30 %.
Le recours au crédit bancaire pour le financement des investissements se maintient, à 72 %, et 16 % des entreprises rencontrent des difficultés d'accès au crédit d'investissement (-1 point).

Les perspectives de demande dégradées reculent mais sont, encore pour ce trimestre, le principal frein à la croissance (55 %), devant les difficultés de recrutement (33 %) et les coûts et prix trop élevés (32 %) qui, en hausse de 10 points, passent devant la concurrence (31 %).

Les difficultés d'approvisionnement, en raison du conflit au Moyen-Orient, augmentent fortement et concernent 57 % des répondants (22 points sur le trimestre). 10 % estiment que ces difficultés affectent fortement ou modérément leur activité. 58 % considèrent qu'elles se sont intensifiées au cours des 3 derniers mois (+30 points).

Un focus sur l'impact du conflit au Moyen-Orient révèle que 62 % des entreprises perçoivent des répercussions négatives sur leur trésorerie ou leurs résultats. Les principaux canaux par lesquels se manifeste cet impact sont la hausse des coûts des matières premières énergétiques (66 %) et des intrants de production (22 %), mais également la perturbation/allongement des délais d'approvisionnement. 69 % prévoient de répercuter cette hausse sur leurs prix de vente, au moins partiellement. 71 % estiment que leur trésorerie est suffisante pour absorber le choc, à condition qu'il ne s'intensifie pas et ne perdura pas au-delà de quelques mois.

Un focus sur l'intelligence artificielle souligne que 58 % des TPE/PME ont recours à l'IA, dont 34 % de manière non coordonnée. Parmi ces 54 %, près de la moitié l'utilisent quotidiennement ou presque. Les TPE sont en proportion plus nombreuses que les PME à ne pas avoir recours à l'IA (44 % contre 31 %).
59 % des TPE/PME utilisent des outils gratuits, 52 % des outils professionnels "clés en main". Les principaux usages concernent le marketing et les ventes, devant le processus de production ou de services.
Près de la moitié des entreprises ayant recours à l'IA ont mis en place des actions d'accompagnement et/ou formation des salariés aux outils. 16 % ont lancé des expérimentations ou des projets pilotes liés à l'IA. 15 % ont adopté des règles internes d'usage de l'IA et 13 % ont redéfini ou réalloué des tâches de leurs salariés en raison de l'adoption de l'IA.
La grande majorité ne voient pas encore d'impacts sur le chiffre d'affaires ou les effectifs de l'entreprise, mais 43 % constatent une amélioration de la productivité des salariés. A l'horizon 2030, les dirigeants comptent sur des effets positifs de l'IA sur le CA, la rentabilité, la compétitivité de l'entreprise, et 18 % anticipent une baisse de leurs effectifs.
Les principales difficultés identifiées concernent l'identification de cas d'usage pertinents pour l'entreprise (54 %), le manque de temps (28 %) et de ressources humaines / connaissances en interne (25 %). Un quart craignent également de mauvais usages de l'IA, pouvant conduire à une perte de confidentialité des données, 15 % évoquant également une perte de capacité à raisonner pour leurs collaborateurs.