mardi 02 mars 2021
L'organisation internationale du travail (OIT) a publié son rapport annuel sur l'emploi et les questions sociales dans le monde, consacré au rôle des plateformes numériques dans la transformation du monde du travail.

Il s'appuie sur les résultats d'enquêtes et d'entretiens menés auprès de quelque 12 000 travailleurs et représentants de 85 entreprises du monde entier dans de nombreux secteurs et "se penche sur deux types de plateformes numériques de travail : les plateformes en ligne, où les tâches sont effectuées en ligne et à distance par les travailleurs, et les plateformes géolocalisées, où les tâches sont accomplies à un endroit physique bien précis par des personnes, comme les chauffeurs de taxi et les livreurs".

Ces plateformes ont été multipliées par 5 en dix ans : de 142 en 2010, l’OIT en recense près de 800 en 2020.  Celle-ci exerçant leurs activités dans des cadres juridiques multiples, "des consultations politiques au niveau international s’avèrent nécessaires afin de s’assurer d’un niveau de certitude sur le plan de la réglementation et de la bonne application des normes internationales du travail."

Une coopération internationale en matière de dialogue social et de réglementation entre les plateformes numériques de travail, les travailleurs et les gouvernements permettrait d'attreindre plusieurs objectifs :
  • "L’existence d’un statut professionnel bien défini qui corresponde aux systèmes de classification en place au niveau national.
  • La transparence et la reconnaissance de la responsabilité des algorithmes à la fois pour les travailleurs et pour les entreprises.
  • La possibilité pour les travailleurs indépendants exerçant leur activité sur une plateforme de disposer du droit à la négociation collective.
  • La possibilité pour tous les travailleurs, y compris ceux des plateformes, de bénéficier de prestations adéquates en matière de sécurité sociale, à travers l’extension et l’adaptation des cadres politiques et juridiques si nécessaire.
  • La possibilité pour les travailleurs des plateformes d’avoir accès, s’ils le désirent, aux tribunaux de la juridiction dans laquelle ils se situent."