Nouvelle-Calédonie : l'artisanat encore fragile en 2025 [Note de conjoncture]
L'entrepreneuriat individuel porte la hausse du stock artisanal.
En 2024, la crise insurrectionnelle a donné un coup d'arrêt brutal à la progression du CA artisanal constaté sur la période 2019-2023. Tous les secteurs ont été impactés, avec des baisses allant de -10,6 % dans l'alimentation, à -23,1 % pour la production. La Province Nord a été la plus touchée par ces baisses (-23,9 %). En 2025, l'activité des entreprises artisanales reste basse, 63 % des répondants à l'enquête de conjoncture [*] déclarant une activité diminuée, voir quasi nulle. 53 % d'entre eux estiment d'ailleurs que la survie de leur entreprise est menacée dans les 6 prochains mois.
Le chiffre d’affaires moyen estimé s’établit autour de 10 millions de francs XPF, avec une hausse de la part d'entreprises réalisant un CA inférieur à 4 millions de francs. 44 % des dirigeants (et jusqu'à 59 % dans l'alimentation) ont un revenu inférieur au SMG (salaire minimum garanti).
Les prévisions d'activité à 12 mois sont fatalistes, seuls 13 % prévoyant une hausse tandis que près de 3 dirigeants sur 10 ne se projettent pas.
Dans le bâtiment, la visibilité des carnets de commande reste dégradée, 53 % des artisans ayant moins d'un mois d'anticipation sur leurs prochains chantiers (contre 22 % en 2023).
26 % des artisans calédoniens ont constaté une hausse des délais de paiement (+2 points par rapport à l'an passé).
En 2025, les artisans ont moins travaillé avec leur clientèle habituelle de particuliers, et trouvé des débouchés auprès du secteur public. 29 % travaillent exclusivement pour les particuliers (contre 43 % en 2023).
65 % des entreprises font état d'une trésorerie dégradée et 6 professionnels sur 10 rencontrent des difficultés de trésorerie, principalement liées à la baisse d'activité. Parmi eux, 27 % ont sollicité leur banque afin de chercher une solution (sans réponse pour la moitié d'entre eux). Seuls 16 % anticipent une amélioration de leur trésorerie pour 2026.
La part des entreprises ayant investi en 2025 se maintient, mais les montants sont moins élevés. Pour 2026, les prévisions d'investissement sont incertaines pour 30 % des entreprises, tandis que 25 % en envisagent.
84 % des professionnels n'ont pas de salarié (+4 %) et 87 % n'ont pas cherché à recruter en 2025. Le manque de moyens financiers et le contexte économique incertain ont freiné les embauches. En 2026, les intentions d'embauche reste limitées, la préservation des emplois existants étant la priorité. Les contrats en alternance ont reculé en 2025 (61 contrats de moins).
Seuls 11 % des artisans ont eu recours à la formation (19 % chez les artisans employeurs, pour eux ou leurs salariés), majoritairement pour des formations techniques.
48 % des artisans ont rencontré des difficultés avec leurs assurances (augmentation de primes, modifications de contrat, principalement).
60 % des artisans utilisent des outils numériques dans le cadre professionnel (+7 points), les difficultés économiques ayant accéléré leur numérisation. 15 % sont équipés d'un TPE (terminal de paiement électronique), et jusqu'à 37 % dans l'alimentation.
Plus des 3/4 des artisans ont mis en place des actions éco-responsables, les principales concernant le tri des déchets, la limitation du gaspillage, la protection de l'environnement de travail. 21 % y voient un impact positif sur leur CA.
Pour 2026, seuls 28 % des artisans sont optimistes au sujet de leur situation économique.
[*] enquête réalisée entre mi-novembre et mi-décembre 2025 (520 entreprises ayant au moins un an d'activité ont répondu).
Source(s) :
Conjoncture artisanale 2025 : l’avenir en suspens / CMA Nouvelle-Calédonie .- in : CMA Nouvelle-Calédonie, 29/07/2026, 1p., (Communiqué de presse) - En ligne sur le site de la CMA Nouvelle-Calédonie