Au 1T2026, la situation de trésorerie des TPE-PME progresse légèrement [Baromètre Bpifrance Le Lab - Rexecode]

jeudi 12 mars 2026
Bpifrance Le Lab et Rexecode ont présenté la nouvelle édition de leur baromètre trimestriel sur la trésorerie, l'investissement et la croissance des TPE-PME, basé sur les réponses d'un panel de 4 102 dirigeants de TPE/PME entre le 2 et le 12 février 2026.

Sur les 3 derniers mois, la situation de trésorerie des PME/TPE progresse légèrement par rapport au trimestre précédent, pour retrouver le niveau constaté depuis fin 2024 : 35 % des dirigeants font part d'une dégradation de leur trésorerie (-1 point) ; seuls 10 % constatent une amélioration (+1 point sur le trimestre et stable sur un an). Un tiers des TPE / PME jugent leur situation de trésorerie actuelle difficile. Les prévisions pour les 3 prochains mois "s'améliorent plus nettement".
Concernant les délais de paiement, les dirigeants signalent une légère réduction de ceux de leurs clients et un repli de ceux vis-à-vis de leurs fournisseurs, par rapport au trimestre précédent. Le "solde commercial" subi par les entreprises n'évolue que peu ce trimestre.

63 % des PME ont eu recours aux organismes de crédit pour financer leur exploitation courante (+2 points). Parmi elles, 20 % des entreprises ont rencontré des difficultés d'accès au financement (-2 % sur le trimestre).

Les projets d'investissement, qui avaient poursuivi leur recul au trimestre précédent, rebondissent au 1er trimestre 2026 : 45 % des dirigeants prévoient d'investir en 2025 (+6 %), soit un niveau proche du début d'année 2025 (mais inférieur à la moyenne historique située à 53 %). Les prévisions concernant les montants investis sont également en hausse sur le trimestre, 34 % des dirigeants comptant diminuer le budget dédié (-9 points) contre 18 % qui prévoient de l'augmenter (+4 points). Les principales dépenses d'investissement concernent à nouveau le renouvellement et/ou la modernisation des équipements et installations, tandis que l'extension des capacités de production, auparavant en recul, progresse (29 %, +3 points). La part des investissements pour motif environnemental augmente très légèrement : 30 % (+1 point sur le trimestre, mais -9 points en un an).
Le recours au crédit bancaire pour le financement des investissements se maintient, à 72 % (-1 %), et 17 % des entreprises rencontrent des difficultés d'accès au crédit d'investissement (+2 points).

Les perspectives de demande dégradées reculent mais sont, encore pour ce trimestre, le principal frein à la croissance (56 %), devant les difficultés de recrutement et la concurrence (34 %).

Les difficultés d'approvisionnement diminuent légèrement mais concernent encore 35 % des répondants (-2 points sur le trimestre). 5 % estiment que ces difficultés affectent fortement ou modérément leur activité. 28 % considèrent qu'elles se sont intensifiées au cours des 3 derniers mois.

Un focus sur l'incertitude politique révèle que 95 % des dirigeants craignent que le climat d'incertitude en termes de politique ait un impact négatif sur l'activité de leur entreprise (dont une majorité l'anticipent de forte ampleur). Ce climat pèse un peu moins que le trimestre précédent sur les perspectives d'embauche, 39 % des dirigeants pensant maintenir leurs projets de recrutement (+2% par rapport au 4e trimestre 2025) et 37 % les reporter, tandis que 23 % les annulent (-4 %). Il en est de même pour les projets d'investissement :  43 % les reportent (-5 points) et 34 % les maintiennent (+6 points) tandis que la part des projets annulés diminue faiblement par rapport au trimestre précédent, à 22 %.

Un second focus sur les prêts garantis par l'Etat (PGE) souligne que, parmi les entreprises répondantes qui avaient souscrit et obtenu un PGE, près des 3/4 n'ont pas encore clôturé leur PGE, mais 55 % prévoient de le rembourser d'ici la fin 2026. Les craintes de non-remboursement ne concernent que 3 % des TPE/PME ayant contracté un prêt. Le poids du PGE dans l'endettement total de l'entreprise varie sensiblement selon les entreprises. 18 % de celles qui ne l'ont pas encore totalement remboursé alertent sur le risque que ce remboursement compromette fortement leur développement. Même si ce remboursement peut mettre certaines entreprises en difficulté, 57 % des dirigeants reconnaissent que sans le PGE, ils auraient connu d'importantes difficultés de trésorerie, voire auraient été contraints de fermer leur entreprise. 82 % en referaient la demande si les circonstances s'y prêtaient.