Entrepreneuriat des femmes [IEF 2025]

mercredi 11 mars 2026
Dans le prolongement de la publication fin 2025 du volet national de l'Indice entrepreneurial français 2025, un volet plus détaillé sur l'entrepreneuriat des femmes a été publié. Comme le volet national, il analyse les comportements des différentes composantes de la chaîne entrepreneuriale (intentionnistes, porteurs de projet, chefs d'entreprise, ex-chefs d'entreprise).

Il met en lumière le fait que la part des femmes participant à la chaîne entrepreneuriale est en progression constante : de 23 % en 2018, elle passe à 29 % en 2025. Cette évolution est surtout le fait de la progression des intentionnistes, même si la transformation de l'intention en projet puis en entreprise progresse également entre 2021 et 2025. Les écarts genrés sont plus marqués à partir de 30 ans : si les jeunes femmes sont autant intentionnistes que leurs homologues masculins avant cet âge, l'écart se creuse en avançant en âge et dans la concrétisation du projet entrepreneurial.

L'implication des chefs d'entreprise est en revanche la même quel que soit leur sexe : 7 sur 10 dirigent leur entreprise, dont 3 sur 10 à temps plein et 4  sur 10 en "activité de complément". Leur principale motivation est le besoin d'indépendance. Les femmes sont plus nombreuses à créer ou reprendre une entreprise pour changer de métier ou créer leur propre emploi. Si un quart des chefs d'entreprise déclarent n'avoir rencontré aucune difficulté particulière dans les deux premières années de leur création/reprise, les femmes sont plus sensibles que les hommes à l'insuffisance/instabilité du revenu tiré de leur activité, à la complexité des démarches administratives et à la remise en cause de l'équilibre vie pro-vie perso.
Elles sollicitent moins que leurs homologues masculins un financement externe ou un accompagnement : 1 cheffe d'entreprise sur 4 a été financée et accompagnée dans son projet (contre 1 chef d'entreprise sur 3).
Elles sont moins décidées à céder-transmettre ou fermer leur activité dans les 5 ans (18 %) que les hommes (26 %).

Près de la moitié des femmes porteurs de projet ont reporté ou suspendu ce projet en 2025 (contre 3 hommes sur 10), principalement par manque de financement. Elles se sont davantage tournées vers la création ex-nihilo, alors que les hommes préfèrent la reprise interne ou familiale. Leur propension à créer une activité en tant que micro-entrepreneur est bien plus importante (36 %) que celle des hommes (21 %).

Les ex-cheffes d'entreprise restent moins actives que les hommes dans la chaîne entrepreneuriale : 1 ex-cheffe d'entreprise sur 2 poursuit une activité entrepreneuriale après une cession/cessation, contre 6 ex-chefs d'entreprise sur 10. 31 % des femmes n'avaient pas cherché de repreneur, principalement car elles estimaient que leur entreprise ne valait pas assez pour être vendue, et que l'activité reposait trop sur leur personne. 9 % ne savaient pas comment s'y prendre (contre 2 % des hommes).

1/4 des femmes et 1/3 des hommes estiment que le choix de carrière idéal est d'être à son compte (en hausse par rapport à 2023). Les 3/4 des Français estiment que l'entrepreneuriat est source de reconnaissance et de réussite sociale. Même si 8 Français sur 10 estiment qu'être entrepreneur pèse sur la santé, ils sont tout autant à y trouver une source d'épanouissement et d'accomplissement personnel. Les femmes de la chaîne entrepreneuriale sont cependant un peu moins satisfaites de leur vie professionnelle que les hommes (sauf chez les cheffes d'entreprise, dont le niveau de satisfaction rejoint celui des hommes). Ces derniers ont une confiance plus élevée que les femmes dans leurs aptitudes et connaissances entrepreneuriales.

Source(s) :

L'Indice entrepreneurial français 2025. Volet Femmes / Bpifrance Le Lab .- in : Bpifrance Le Lab, 06/03/2026, 46p. - En ligne sur le site de Bpifrance Le Lab