Outre-mer : filières économiques d'avenir [Rapport Sénat]

mardi 21 juillet 2026
La délégation aux outre-mer du Sénat a présenté un rapport d'information sur les filières économiques d'avenir en outre-mer. 

Les outre-mer, dont le PIB total ne constitue que 2,45 % du PIB national, malgré une population qui représente 4,18 % de la population française, doivent trouver de nouveaux relais de croissance, les filières historiques (pêche, banane, nickel...) étant en perte de vitesse ou arrivées à maturité. 

Le rapport identifie en effet de nouvelles filières, qui se mettent au service de l'autonomie des territoires, en misant sur une production locale : filières agricoles, industries agroalimentaires, diversification de la filière pêche vers l'aquaculture de poissons et crustacés, biomatériaux de construction, recyclage des déchets, souveraineté énergétique. 

Certaines filières d'avenir sont également identifiées pour leur potentiel à l'export : l'aquaculture, la cosmétique et la valorisation de la pharmacopée locale, l'artisanat traditionnel, les industries créatives et culturelles, le tourisme durable (à développer). L’artisanat est qualifié par les rapporteurs de "pilier économique méconnu et sous-estimé". Le rôle indispensable des chambres consulaires pour accompagner, structurer et valoriser les filières locales est souligné, le rapport citant la création de marques territoriales.

Pour faire "décoller" ces filières économiques d'avenir, la délégation sénatoriale émet 21 recommandations pour une stratégie reposant sur plusieurs grands principes : 
  • "sécuriser et piloter une stratégie économique partagée et lisible" : avec des infrastructures portuaires et aéroportuaires sécurisées, performantes et bien dimensionnées, adaptées aux standards mondiaux, une bonne connectivité numérique, des infrastructures énergétiques garantissant la souveraineté des territoires et leur transition vers des modèles décarbonés. Le rapport préconise également la création d'un opérateur public de l'Etat spécialisé dans le financement des entreprises outre-mer 
  • "adapter et protéger des marchés locaux spécifiques" : en adaptant 7 normes bloquantes aux spécificités ultramarines, et en recourant à 4 instruments de protection (l'octroi de mer, le bouclier qualité prix, la commande publique et la politique commerciale, en valorisant les marques "outre-mer" et "France " à l'export)
  • "financer des filières en soif de capitaux"
  • "innover et former" : notamment via la systématisation du recours à une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences territoriale (GPEC). Afin de répondre à l’enjeu de la transmission des savoir-faire et de la formation de nouvelles générations, les rapporteurs demandent notamment d’adapter le financement de l’apprentissage aux surcoûts ultra-marins. Ils rappellent que "les NPEC sont calculés sur la base de coûts moyens nationaux qui ne tiennent pas compte des surcoûts spécifiques aux outre-mer (coût du fret pour les matériels pédagogiques et équipements, incidence de l'octroi de mer sur les achats locaux, différentiels de prix à la consommation documentés par l'INSEE)". Ils suggèrent "l'instauration d'un coefficient correcteur géographique obligatoire pour le calcul des NPEC en outre-mer, directement indexé sur les différentiels de prix à la consommation constatés par l'INSEE pour chaque territoire". Les rapporteurs proposent également "d’expérimenter un modèle de « Compagnonnage ultramarin » permettant de labelliser des « Maîtres de transmission » locaux et de financer des parcours de tutorat direct en entreprise ou sur des chantiers écoles traditionnels."

Source(s) :

Rapport d'information fait au nom de la délégation sénatoriale aux outre-mer sur les filières économiques d'avenir outre-mer / Sénat, Girardin Annick, Lopez Vivette, Phinera-Horth Marie-Laure .- in : Sénat, n° 850, 02/07/2026, 237p., (Rapport d'information) - En ligne sur le site du Sénat