jeudi 24 novembre 2022
Les résultats d'une étude réalisée entre mai et septembre 2021, par l'Observatoire de la Métallurgie, permettent d'établir un bilan de l'alternance dans la branche métallurgie et de mesurer son évolution. Une actualisation a été faite en juillet 2022 avec les données sur les alternants sous contrat au 31 décembre 2021.

12 portraits régionaux accompagnent les données nationales (Auvergne - Rhône-Alpes, Bourgogne - Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Bretagne, Hauts de France, Grand Est, Ile-de-France, Normandie, Nouvelle Aquitaine, Occitanie, PACA-Corse, Pays de la Loire).

Un baromètre dynamique vient en complément de l'étude. Il permet de naviguer dans des chiffres relatifs aux caractéristiques des alternants, des formations et des entreprises de la branche professionnelle.

Près de 40 % des alternants se concentrent dans des entreprises situées en Ile-de-France (22 %) et Auvergne - Rhône-Alpes (16 %). Les TPE et les grandes entreprises sont les deux tranches de taille d'entreprise dans lesquelles une surreprésentation des alternants par rapport à leurs effectifs salariés est observée. L'analyse de leur répartition selon la taille de l'entreprise fait ressortir que les entreprises de moins de 10 salariés ont tendance à employer significativement plus d'alternants (12 %) que le poids qu'elles représentent en salariés (7 %).

20 % des entreprises de moins de 10 salariés emploient au moins un apprenti.

Le nombre d'alternants a augmenté de 31 % entre 2017 et 2021.

Les critères de taille d'entreprise, de localisation ou de secteur d'activité ne permettent pas d'établir un portrait-robot de l'entreprise embauchant des alternants. Il apparaît que leur embauche repose plus sur une culture d'entreprise et sur un engagement des dirigeants en faveur de ce mode de formation.

Le mouvement de montée en qualification qui est observé depuis plusieurs dizaines d'années dans presque tous les secteurs se retrouve également dans la métallurgie. Il n'a pas été accéléré par la réforme de l'apprentissage, laquelle a en revanche entrainé un transfert de formations en voie scolaire sur des niveaux bac + 4 et 5 vers des contrats d'apprentissage.

Les contrats d'apprentissage en niveaux 6 et 7 (licence et master/MBA/Executive MBA) ont augmenté de 217 % entre 2018 et 2020 tandis que la hausse moyenne tous niveaux confondus était de 97 %. Le recrutement sur ces niveaux est désormais relativement aisé, à l'inverse, le recrutement sur des niveaux 3 et 4 (CAP, Bac) sur des spécialités de production devient de plus en plus difficile.
Les femmes représentent 24 % des alternants sous contrat au 31 décembre 2021 (la proportion des femmes parmi les salariés de la branche est de 23 %).

Plus de 80 % des entreprises interrogées déclarent avoir des taux de rupture des contrats d'apprentissage inférieurs à 10 %. Ils sont de 10 % pour les entreprises de moins de 11 salariés.

La part des contrats d'apprentissage interrompus avant leur terme, pour les diplômes menant à des métiers de la métallurgie, s'élève à 21 % que ce soit pour le niveau 3 ou le niveau 4.

Les impacts de la crise sanitaire de la Covid-19 sur les alternants et les candidats alternants ont été amortis par les aides mises en place par l'Etat.
Plus de 86 % des entreprises interrogées dans le cadre de cette étude et ayant répondu ont une image positive de l'alternance.

Sur l'impact de la réforme de l'apprentissage, près de 40 % des CFA formant aux métiers de la métallurgie indiquent avoir adapté leur modèle économique suite à la mise en place des niveaux de prise en charge. Pour certaines entreprises fragiles et particulièrement les TPE/PME, la facturation d'un reste à charge est un facteur bloquant dans le recrutement d'un alternant.

Source(s) :

Bilan et évolution de l’alternance dans la branche de la métallurgie : étude nationale et portraits régionaux .- in : Observatoire paritaire de la métallurgie, 25/10/2022, mulp. - En ligne sur le site de l'Observatoire paritaire de la métallurgie